Debout, à genou, couché : positions et technique

Carabine à air

Personne ne tient une carabine parfaitement immobile. Ce qui stabilise un bon tireur n’est pas la force mais une position qui pointe seule vers la cible, des os qui portent le poids de la carabine, et un coup tiré de la même façon à chaque fois.

Le debout vient d’abord, car la carabine à air 10 m se tire debout ; puis à genou et couché, pour les trois positions. Vos groupements montrent ce qui demande du travail : voir Lire ses groupements.

La réponse courte

Viser avec le corps, tenir avec les os
  • Construisez la position pour que la carabine pointe vers la cible quand vous vous relâchez. Pour viser, bougez le corps ; ne forcez jamais la carabine.
  • Laissez les os et la bretelle porter le poids, pas les muscles.
  • Tirez pendant la brève pause après l’expiration.
  • Pressez la détente droit en arrière, et continuez à viser après le coup.

Gauche et droite valent pour un droitier ; les gauchers inversent.

Prendre position en sécurité

Bouche vers la cible, doigt hors de la détente

S’agenouiller, se coucher et se relever avec une carabine, c’est le moment où une bouche d’arme se met à vagabonder. Les règles de stand de la NSRA : traitez toute arme comme chargée, ne la pointez jamais vers quiconque, et gardez-la dirigée vers la cible, aussi pendant le chargement et le déchargement. En compétition ISSF, une arme sur le poste de tir doit toujours pointer dans une direction sûre (ISSF Rule Book 6.2.2.3). Les règles juniors de la CMP ajoutent le doigt de détente : gardez-le hors de la détente jusqu’à ce que vous ayez épaulé et commencé à viser, et hors du pontet pendant que vous chargez et la portez en position (CMP 3PAR Rules, Safety Rule 4).

  • Avant de poser la carabine ou de vous relever, ouvrez la culasse (levier d’armement ou orifice de chargement) et mettez un drapeau de sécurité ; si elle est encore chargée, demandez d’abord au directeur de tir (ISSF Rule Book 6.2.2.4, 6.2.2.6, 6.2.3.6 ; CMP 3PAR Rules, Safety Rule 3).
  • Avant de vous coucher ou de vous agenouiller, posez la carabine à côté de votre poste de tir, dirigée vers la cible ; le matériel de cours de Svenska Skyttesportförbundet (SvSF) la pose à droite pour le couché et le genou.
  • Tournez votre corps autour de la carabine, pas la carabine autour de vous.
  • Quand le directeur de tir dit « Stop », arrêtez-vous aussitôt.

Point de visée naturel

Bougez le corps ; ne forcez jamais la carabine

Votre point de visée naturel est l’endroit où la carabine pointe quand vous êtes en position et complètement relâché. Target Rifle Australia (TRA) le définit ainsi dans ses notes de coaching, et dit qu’il est très improbable que ce soit le centre quand on s’installe pour la première fois. Déplacer pieds, hanches ou coude jusqu’à ce que la carabine pointe là demande plus de patience que la tenir par les muscles, dit la TRA, mais donne des résultats bien plus précis ; la force apporte des coups irréguliers, des tremblements et de la fatigue.

La liste de contrôle de la SvSF le teste en visant les yeux fermés, puis en les ouvrant pour regarder dans la hausse. Si la visée est hors de la cible, corrigez la position et recommencez.

Le livret de coaching de la CMP fait pivoter toute la position autour de son pivot : le coude gauche couché, le talon droit et le coussin à genou. La hauteur vient de la main gauche ; debout, les débutants ne règlent d’abord que la hauteur.

Pour le trouver et le vérifier, au pistolet comme à la carabine, voir Point de visée naturel.

Les os, pas les muscles

Laissez le squelette porter la carabine

Le livret de la CMP cite comme erreur courante debout un bras gauche qui n’est pas relâché sur le flanc ou la hanche, car la carabine est alors tenue par les muscles au lieu des os. À genou et couché, la bretelle prend le relais, serrée seulement une fois la position construite, jusqu’à porter toute la carabine.

Un test, doigt hors de la détente : tenez votre visée, puis relâchez tous les muscles que vous sentez. Tout ce qui bouge était tenu par les muscles.

Debout : la position du 10 m

Hanche et coude sous la carabine

La carabine à air ISSF 10 m se tire debout, ce que la NSRA appelle la position la plus exigeante : elle utilise plus de muscles pour garder le corps immobile. Ce que permet la règle ISSF :

Debout libre
L’athlète doit se tenir libre, sans aucun support artificiel ou autre.ISSF Rule Book 7.6.1.3 a
Bras d’appui
Le haut du bras gauche et le coude peuvent s’appuyer sur la poitrine ou sur la hanche.ISSF Rule Book 7.6.1.3 e
Pas de bretelle
Pas de bretelle debout, et en carabine à air 10 m ni repose-paume ni butée de main.ISSF Rule Book 7.6.1.3 g–i

Le coude sur la hanche est permis, pas obligatoire ; les règles juniors de la CMP disent la même chose (CMP 3PAR Rules 5.1.3 e). Le livret de la CMP construit la position en six étapes :

  1. Tournez de 90 à 100 degrés par rapport à la cible, côté gauche vers elle.
  2. Épaulez la carabine avec un poignet gauche droit, et laissez tomber le bras gauche sur le flanc ou la hanche.
  3. Amenez le coude gauche et la hanche directement sous la carabine.
  4. Réglez la plaque de couche pour que la tête reste presque droite sur l’appui-joue.
  5. Relâchez l’épaule et le bras gauches, et équilibrez votre poids sur les deux pieds.
  6. Si la visée pointe trop haut ou trop bas, changez la main sous la carabine : un poing fermé, ou la carabine entre le pouce et la première phalange, convient à la plupart des tireurs, dit la CMP.

Une fois les pieds en place, la CMP apprend aux débutants à ne plus les bouger avant la fin de l’exercice, et à vérifier avant chaque coup : plaque de couche au même endroit, coude sous la carabine, bras relâché, poids équilibré.

Genou

Asseyez-vous sur le talon, laissez la bretelle tenir

Le genou relève du tir en trois positions, une épreuve de 50 m et 300 m au programme ISSF ; le couché se tire aussi seul aux deux distances. Aux États-Unis, les tireurs à la carabine à air rencontrent le genou dans la carabine à air trois positions junior de la CMP, qui a une classe sporter et une classe precision ; le sporter se tire sans veste de tir ni pantalon spécial, avec une simple bretelle permise à genou et couché (CMP 3PAR Rules 4.3.1 c et 4.3.3).

Le livret de la CMP appelle le genou la position la plus compliquée et l’enseigne en dernier :

  1. Orientez le coussin de genou de 40 à 60 degrés par rapport à la cible, et agenouillez-vous avec la cheville droite dessus, talon droit.
  2. Asseyez-vous en arrière avec le poids sur le talon, et placez le pied gauche pour que le bas de la jambe soit vertical.
  3. Bretelle longue et lâche, épaulez la carabine et laissez le coude gauche tomber sur le genou ou la jambe, plaque de couche assez haute pour garder la tête levée.
  4. Amenez la visée au niveau de la cible avec la main gauche, puis serrez la bretelle jusqu’à ce qu’elle porte la carabine.
  5. Faites pivoter toute la position sur le talon droit jusqu’à ce que la visée pointe vers votre cible.
Coude sur le genou
Le coude gauche doit s’appuyer sur le genou gauche, la pointe du coude à 100 mm au plus en avant ou 150 mm au plus en arrière du sommet du genou.ISSF Rule Book 7.6.1.1 d–e ; CMP 3PAR Rules 5.1.1 c–d

Gardez peu ou pas de poids sur le genou droit, ajoute la CMP, et ne vous tenez pas bien droit : laissez les épaules s’affaisser.

Couché

Coude sous la carabine, puis la bretelle

La CMP enseigne le couché avant le genou, comme meilleur endroit pour apprendre la bretelle. Les étapes de son livret :

  1. Posez le tapis à 25 à 30 degrés de la ligne de tir, et mettez la bretelle haut sur le bras gauche, longue et lâche.
  2. Couchez-vous avec le coude gauche sous une ligne imaginaire entre le pied gauche et la main gauche.
  3. Réglez la plaque de couche haut pour que la tête reste levée, et glissez la main gauche pour amener la visée au niveau de la cible.
  4. Alors seulement serrez la bretelle, jusqu’à ce qu’elle soutienne la carabine.
  5. Faites pivoter la position sur le coude gauche jusqu’à ce que la visée pointe vers votre cible, en soulevant le corps avec les jambes.
Appuis de la carabine
Les deux mains, une épaule et une bretelle sur le fût ; la carabine ne peut reposer sur rien d’autre.ISSF Rule Book 7.6.1.2 d, f, h
Avant-bras
Les deux avant-bras visiblement soulevés du poste de tir, l’avant-bras de la bretelle à 30 degrés au moins de l’horizontale.ISSF Rule Book 7.6.1.2 i–j

Respiration

Une brève pause après l’expiration

La respiration déplace la carabine, donc le coup part dans une pause après l’expiration. La SvSF explique pourquoi : avec les poumons pleins, il est difficile de se relâcher. La TRA dit de s’arrêter à la fin naturelle de l’expiration, sans forcer pour vider les poumons.

La durée diffère : idéalement 10 secondes au plus pour la NSRA, 4 à 8 pour la TRA, et environ 10 à 15 secondes de visée fine pour la SvSF. Si le coup n’est pas parti à ce moment, recommencez, disent la SvSF et la TRA. Abaissez la carabine, bouche vers la cible, et prenez quelques respirations normales, comme le conseille la NSRA entre les coups.

Pour en savoir plus sur la pause, au pistolet aussi, voir Respiration au tir.

La détente

Droit en arrière, avec le seul doigt

Une détente à deux temps, l’un des deux types décrits par la TRA, a un premier mouvement plus léger avant le départ. Le cours de la SvSF vous fait faire cette pré-course jusqu’au point dur, puis la visée fine à ce moment-là.

Puis pressez droit en arrière. Toute autre force écarte la carabine de la visée, enseigne la SvSF : gardez donc le mouvement petit et dans le seul index, avec la même prise et la détente au même endroit du doigt à chaque coup. Au mieux, le départ se fait tout seul.

La pression elle-même, et ses défauts : voir Le lâcher.

Accompagnement

Continuez à viser après le coup

Continuez à viser après le coup : 1 à 3 secondes pour la NSRA, pour ne pas perturber la visée avant que le plomb ait quitté la carabine ; environ deux secondes pour la TRA ; à peu près une seconde pour la SvSF, souffle toujours retenu.

Utilisez ces secondes pour lire l’image de visée au départ du coup, dit la SvSF, et déterminez où il devrait être avant de regarder. La TRA ajoute un contrôle : la visée doit revenir se poser sur le centre, et si elle se pose ailleurs, votre point de visée naturel était décalé.

L’annonce du coup, et sa vérification sur le carton : voir Accompagnement.

Ce que disent vos groupements

Le carton montre ce qui a glissé

Changez une seule chose à la fois, puis testez et analysez avec votre entraîneur, comme le conseille la TRA. Un groupement serré loin du centre est une affaire de visée ; un groupement large ou étiré, de position ou de coup. Lire ses groupements passe en revue les formes, et S’entraîner chez soi traite du tir à sec.

Avec Pro, Shooter conserve chaque carton scanné, si bien que le soir où vous avez changé votre posture figure dans votre journal à côté des précédents. Ce que cela dit de votre technique, c’est à vous et à votre entraîneur de le lire.

Sources : ISSF Rule Book, Edition 2025 (Second Print 07/2026), effective 1 July 2026, Recognized Shooting Events, p. 185–187 ; 6.2.2.3, 6.2.2.4 et 6.2.2.6, p. 192 ; 6.2.3.6, p. 193 ; Rifle Rules 7.6.1, p. 340–341; CMP, National Standard Three-Position Air Rifle Rules, 16th Edition, Safety Rules 3 et 4 ; 3.3, 4.3.1 c, 4.3.3 et 5.1, p. 7, 13 et 27–28; CMP, Teaching Rifle Positions to New Junior Shooters (Gary Anderson), p. 1–8; NSRA, Want to Try Air Rifle – What’s Next?; SvSF, Skyttekort – Gevär, Grundutbildning, p. 6–9 et 14; Target Rifle Australia, Coaching Corner.